Holacracy et philosophie

 

Souvent, nos systèmes de valeurs ne sont pas les mêmes selon l’endroit où nous sommes, les personnes dont nous sommes entourés ou le rôle que nous jouons. Ces contradictions sont devenues tellement banales qu’on ne les remarque plus, et qu’elles nous semblent tout à fait normales.

Ainsi, personne ne s’offusque généralement du fait que la démocratie semble être reconnue comme efficace pour la société civile. Il en est autrement à l’intérieur d’une entreprise où le modèle  appliqué est, la plupart du temps, proche de la monarchie ou de l’oligarchie. On passe ainsi allègrement d’un modèle à un autre, tant notre capacité d’adaptation est grande.

Quel plaisir alors de pouvoir tisser des liens entre ce que disent certains philosophes (et qui touche nos valeurs profondes) et les méthodes de management destinées, avant toute chose, à de la gestion d’entreprise. Ainsi, en Holacracy, un des concept phare est la différenciation entre l’individu et le rôle qu’il rempli (on dit alors énergétise) dans une organisation, cette dernière pouvant être une entreprise, une association ou toute autre structure regroupant des humains autour d’un objectif. Cette différenciation est vitale pour distinguer les tensions professionnelles des tensions personnelles, permettant ainsi à deux personnes de s’apprécier humainement même si cela coince parfois au niveau du travail.

Là où les philosophes nous rejoignent, c’est dans ce texte d’Eckhart Tolle, retranscrit d’après un interview:

« Bien sûr nous avons tous certains rôles à jouer dans cette vie, mais de croire que c’est ce que nous sommes, y être identifié constitue une terrible prison, un esclavage. Vous pouvez remplir votre rôle sans croire que c’est ce que vous êtes. Vous pouvez remplir votre rôle de mère sans que cette idée remplisse entièrement votre esprit. Sinon, vous serez une mère pour le restant de vos jours et vos enfants resteront des enfants pour vous. Vous penserez avoir toujours raison et vous leur dicterez leur conduite. Vous serez emprisonnée dans ce rôle. »

Ainsi il convient d’être au clair sur qui nous sommes, bien au-delà des rôles que nous pouvons jouer dans cette vie, avant de pouvoir s’investir dans un groupe: c’est la clé d’un engagement sain et conscient, où nous pouvons nous mettre pleinement à disposition d’un groupe ou d’un projet sans attendre, de façon généralement inconsciente, une forme de récompense ou de reconnaissance qui nous permette de définir notre identité.

Débarrassés de ce besoin d’exister à travers le groupe, nous serons alors en contact avec notre système de valeur personnel et pourrons choisir d’aligner les différents aspects de notre vie dans un tout cohérent.

Ecrit par David Dräyer, co-fondateur de « Les Ateliers de l’Instant Z ».

Retrouvez leurs ateliers sur les nouveaux modes d’organisation ici.